Des cabanes qui naissent au cœur de la forêt
Quand nos enfants ont commencé à construire leur propre aventure
Un terrain qui avait déjà son histoire
Lorsque nous avons découvert notre propriété, nous avons aussi découvert un terrain qui avait déjà vécu bien avant nous. Ici, les paysages changent au fil des mètres. Autour de la maison, la terre est plus argileuse et les chênes dominent, certains déjà centenaires. Plus bas, là où l’ancienne tuilerie d’Origne puisait autrefois son argile, le sol devient plus sableux et les pins prennent progressivement leur place. On trouve aussi des châtaigniers, des bouleaux et toute une végétation qui donne au domaine cette impression de petit monde à part. Avec le recul, je crois que cette diversité a beaucoup compté dans la suite de notre histoire : nous n’avions pas simplement acheté un terrain sur lequel installer des cabanes, nous avions découvert un paysage dans lequel elles pourraient naturellement trouver leur place.
Au départ, les cabanes étaient pour nos enfants
Mais à cette époque, il n’était absolument pas question d’accueillir des clients. Les cabanes étaient d’abord une histoire de famille. Nos enfants grandissaient et adoraient partir explorer le fond du terrain. Ils voulaient jouer dans les bois, pique-niquer, construire des choses et passer du temps dehors. Alors, tout naturellement, nous avons commencé à leur aménager de petits refuges. Nous avons notamment construit une plateforme sur pilotis au milieu des arbres, un endroit rien qu’à eux où ils pouvaient grimper, jouer et inventer leurs propres aventures.
Au bout du terrain, il y avait aussi ce petit lac et son île. Pour y accéder, nous avions fabriqué un radeau. Un vrai radeau familial, avec une corde pour rejoindre l’autre rive… et quelques ploufs qui faisaient partie de l’aventure ! Nous avons commencé par aller pique-niquer sur l’île, puis les enfants ont eu envie d’y passer davantage de temps. Et, comme souvent avec les enfants, une idée en entraîne une autre : pourquoi ne pas y dormir ?
Un radeau, une île et quelques nuits sous la tente
Nous avons commencé simplement, avec une tente. C’était amusant, évidemment, mais au bout de quelques week-ends, j’ai commencé à me dire qu’il y avait peut-être une petite différence entre aimer dormir dans la nature et avoir envie de dormir dans une tente tous les week-ends ! J’avais envie de continuer à vivre ces moments avec eux, mais j’avais aussi envie d’un peu plus de confort.
Kevin a alors proposé une solution toute simple : installer un matelas sur un sommier. Très bien… jusqu’à la question suivante : « Et s’il pleut ? »
Quand un matelas devient une cabane
Il fallait donc un toit. Kevin a construit une structure au-dessus du lit. Puis je me suis demandé ce qui se passerait si la pluie arrivait de côté. Nous avons ajouté des tringles et des rideaux. Et sans véritablement l’avoir décidé, nous étions passés d’un matelas posé sur une île à quelque chose qui ressemblait de plus en plus à une cabane.
C’est assez amusant quand j’y repense, parce que notre première cabane n’est pas née autour d’une table, avec des plans, une étude de marché ou un projet commercial. Elle est née de nos enfants, de nos week-ends, d’un radeau bricolé, d’une envie de dormir dehors… et d’une maman qui voulait bien vivre l’aventure, mais avec un vrai lit !
Le rêve des cabanes dans les arbres ne nous avait jamais quittés
Et pourtant, derrière cette petite construction familiale, mon idée née au Sénégal était toujours là. Je n’avais jamais vraiment oublié cette cabane découverte dans les baobabs, cette sensation extraordinaire d’être dehors tout en étant à l’abri, de dormir au milieu de la nature sans avoir l’impression d’en être séparée. Je continuais à imaginer mes propres cabanes dans les arbres.
Nous avions de magnifiques chênes sur le terrain, mais ceux qui me faisaient rêver étaient trop proches de notre maison. Si nous voulions un jour accueillir d’autres personnes, il fallait leur offrir leur intimité autant que nous voulions préserver la nôtre. Nous avons donc commencé à regarder plus loin, à chercher les bons arbres et les bons endroits. Mais là encore, la nature avait ses propres règles : les emplacements les plus intéressants étaient plus difficiles d’accès, sans eau ni électricité. À cette époque, rien n’était simple. Mais finalement, ces contraintes allaient aussi nous pousser à inventer autrement.
2011 : Lit d’Ile, notre première cabane
En 2011, nous avons regardé cette construction sur l’île avec un autre œil. Et soudain, une évidence m’est apparue : nous cherchions depuis des années comment construire une cabane dans les arbres, alors que nous avions peut-être quelque chose d’encore plus insolite juste devant nous.
Dormir sur une île, au milieu d’un petit lac, accessible uniquement par un radeau… Après tout, pourquoi chercher plus loin ?
C’est ainsi qu’est née Lit d’Ile.
Nous avons décidé de tenter l’aventure et de proposer cet hébergement à la location. Nous n’avions aucune certitude sur ce qui allait se passer. À l’époque, les hébergements insolites étaient encore très peu nombreux et nous ne savions absolument pas si des personnes auraient envie de venir dormir sur notre petite île.
Une aventure qui dépasse nos espérances
Nous avions même prévu de partir en Guyane au mois d’août, avec des billets d’avion déjà achetés pour aller retrouver le frère de Kevin. Mais les premières réservations sont arrivées… puis d’autres… et encore d’autres. Très vite, nous avons compris que quelque chose se passait.
Il a fallu trouver une solution pour pouvoir partir malgré tout. Ce sont finalement mes beaux-parents qui sont venus nous aider et assurer les accueils pendant notre absence. Et c’est comme cela que, presque sans l’avoir prémédité, notre petite aventure familiale a commencé à devenir une véritable activité.
Les débuts, loin du confort d’aujourd’hui
Les débuts étaient très différents de ce que nous proposons aujourd’hui. Lit d’Ile n’avait pas d’électricité ni d’eau courante. L’éclairage se faisait avec de petites lumières solaires et je transportais l’eau dans des jerrycans.
Certains clients venaient même manger chez nous ou nous demandaient s’ils pouvaient mettre quelques affaires dans notre réfrigérateur. Tout était beaucoup plus simple, beaucoup plus artisanal. Nous étions loin de l’organisation que nous avons aujourd’hui, mais il y avait déjà quelque chose d’essentiel : les gens venaient chercher une expérience.
Et cette expérience leur plaisait.
Nous avons alors compris que ce que nous avions imaginé pour notre famille pouvait aussi créer quelque chose pour d’autres personnes. Les clients venaient passer une nuit ailleurs, dans un endroit différent, loin de leur quotidien. Ils arrivaient chez nous et partaient ensuite sur leur petite île avec cette sensation de vivre une véritable aventure.
Les premiers clients nous montrent le chemin
Mais très vite, leurs retours nous ont aussi permis de comprendre qu’ils n’avaient pas tous les mêmes attentes. Lit d’Ile était une cabane très ouverte sur la nature. Certains adoraient cette sensation de dormir presque dehors. D’autres nous expliquaient qu’ils auraient aimé quelque chose de plus fermé, de plus rassurant, tout en conservant cette impression d’être immergé dans la forêt.
Et c’est précisément à ce moment-là que nous avons repensé à cette plateforme que nous avions construite quelques années auparavant pour nos enfants.
De la plateforme des enfants à L’O2
Nous nous sommes dit : pourquoi ne pas reprendre ce principe ? Quatre poteaux, un toit, une structure simple… mais cette fois avec de grandes ouvertures vitrées pour pouvoir fermer complètement l’espace sans perdre la forêt de vue.
Nous avons imaginé un lit de 160, un espace confortable et surtout de grandes baies vitrées qui permettraient de rester au chaud et à l’abri tout en ayant la sensation de dormir dehors. Pour des raisons techniques, nous avons ajouté un pan de mur, notamment pour créer un véritable fond de tête de lit.
C’est ainsi que L’O2 a commencé à prendre forme.
Et lorsque je regarde aujourd’hui les cabanes des Landines, je trouve assez amusant de voir à quel point tout s’est enchaîné naturellement. Rien n’a été imaginé d’un seul coup. Chaque étape est née de la précédente : le voyage au Sénégal, l’envie de retrouver cette sensation en France, notre terrain, nos enfants, une plateforme dans les arbres, un radeau, une île, un matelas, un toit, des rideaux, Lit d’Ile… puis les premières demandes de nos clients.
Et si la nature restait toujours au cœur de la cabane ?
Même les grandes baies vitrées de L’O2 sont finalement nées d’une question très simple : comment protéger les personnes sans leur enlever ce que nous aimions tant depuis le début ?
La réponse était là : laisser entrer la forêt.
C’est finalement ce qui a toujours guidé notre façon de créer les cabanes. Nous n’avons jamais voulu construire de simples hébergements posés dans la nature. Nous avons cherché, à chaque fois, comment faire en sorte que la nature reste au cœur de l’expérience. Comme si les murs pouvaient disparaître et que, le temps d’une nuit, on pouvait retrouver cette sensation d’être dehors, de respirer autrement, d’écouter les bruits de la forêt et de vivre quelque chose d’un peu différent.
Et sans que nous le sachions encore, l’histoire des Landines ne faisait que commencer.